Tout voir, tout entendre, ne rien dire : un niveau de perception à garder pour soi

A côté des cinq sens « classiques », le sixième, celui qui ressent et qui pressent, interpelle continuellement dans sa réalité et dans sa gestion.

Un peu de mythologie

La mythologie grecque a ceci de fabuleux qu’elle permet, au-delà des siècles, de raccrocher une situation ou un vécu à une trame qui le rend plus limpide, et surtout qui ouvre la réflexion.

 Le mythe de Sisyphe (pas celui de Camus, celui de la mythologie grecque) m’a toujours beaucoup parlé. Peut-être que je m’y retrouve ?

 

Un autre est celui de Cassandre.

 

La belle ingénue, a demandé à Apollon, son soupirant, le don de divination en échange de la promesse de se donner à lui. Il a assuré sa part du contrat ; elle l’a éconduit. La vilaine. Apollon, qui, il faut le dire, n’était pas n’importe qui, lui a craché à la bouche (même les dieux ne savent pas se tenir…) et elle ne put jamais communiquer le fruit de son ressenti.

 

Le ressenti hyperesthésique

Même si la beauté et quelques années nous séparent, il m’arrive régulièrement de me sentir en Cassandre.

 

A nouveau, c’est souvent (mais pas toujours) le toucher (simplement poser la main sur quelqu’un) qui provoque en moi une sensation, une perception non rationnelle et relative à une personne. Souvent il s’agit d’une image, rien de plus. Ou d’une évidence. Qu’il n’est pas toujours simple de recevoir, de gérer, d’exprimer et encore moins évident d’interpréter.

 

Je ressens très vite les gènes, les douleurs physiques ou les états d’âme de mes interlocuteurs, a fortiori si je les touche.

 

Soyons honnêtes. Est-ce réellement le passage d’une énergie révélatrice ou l’accumulation et la mise en relation d’une multitude de détails qui me poussent dans une direction ? Je ne saurais pas le dire. Et quand bien même ?

 

Que faire du ressenti ?

Tout d’abord, de quel droit me permettre de considérer une impression comme reflétant une réalité ? Je suis assez peu enclin à me mettre en évidence et m’imposer. Et considérer de manière péremptoire des sensations ou des intuitions pour des réalités est un pas qu’il m’est difficile de sauter. Pourtant, force est de constater que ce ressenti et cette interprétation sont souvent loin d’être erronés.

 

J’ai toujours été très réticent à communiquer mon ressenti. Si c’est la mort (cela m’est déjà arrivé…) ou d’autres joyeusetés du style, on peut facilement comprendre que je me taise. C’est heureusement rarement le cas. Le plus souvent c’est la conscience de difficultés que rencontre mon vis-à-vis. Ainsi lorsqu’une personne s’engage dans une voie, je voudrais lui hurler d’arrêter. De chercher la solution à sa question dans d’autres voies. Ou bien je ressens une très belle énergie, une sérénité que j’apprécie de partager. Parfois je ressens des errements sentimentaux, des impasses de vies à côté d’une voie royale…

 

Dois-je le partager ou communiquer ?

Les rares fois où j’ai partagé l’image (ou les images ; il y a en a parfois plusieurs) qui s’est imposée à moi, je me suis pris une volée de bois vert.
Je pense que les raisons en sont multiples :

  • Ce que je ressens est mal exprimé et n’est pas compris
  • Ce que je dis est trop vrai pour être validé
  • La personne à qui je soumets mes sensations n’est pas prête à les entendre
  • Ce que je ressens est dérangeant pour celui qui l’entend
  • Ou tout simplement parce que je fais erreur

Pourtant, la réalité a très souvent corroboré la justesse de mon ressenti.

Comme Cassandre, avoir les moyens de passer le message

Je ne dispose pas de bases rationnelles pour communiquer mon message. Forcément, une intuition n’est pas explicable. Et je ne veux (et donc cela est conscient chez moi) pas imposer une voie qui peut paraitre trop subtile (au sens ésotérique du terme).

 

Enfin, partager, voire imposer une perception comme une vérité demande un charisme dont je ne dispose pas. Et dont je ne suis pas sûr que beaucoup d’hypersensibles disposent.

 

Vous sentez-vous un peu Cassandre parfois ?

 

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