"Le cri", de Münch, symbôle de l'hyperesthésie?

Le cri de Munch n’est-il pas le reflet des multiples stimuli perçu par l’hyperesthésique ?


Ambiance sonore

Senteur: poudre de canon ou de fusil qui vit de brûler.


Lieux communs

C’est trop drôle de voir, dans le peu de la littérature qui existe sur le sujet, l’association entre hyperesthésie et quelques récits :

  • La princesse au petit pois qui serait hyperesthésique du fait de sa mauvaise nuit due au petit pois qui trainait en-dessous de vingt matelas et vingt édredons (il y a des variantes dans le nombre de couches, mais ce ne sont que de pâles imitations du texte original). Elle en aurait eu des bleus partout sur le corps….
  • La Madeleine de Proust dont j’ai parlé dans un précédent article et qui pour moi n’est pas de l’hyperesthésie.

Presque dans cinquante pourcents des articles dédiés à l’hyperesthésie, on cite au moins un de ces deux points. Et je n’exagère presque pas.

 

Qu’est-ce qui est drôle ?

Rien.

 

Bon et quoi alors ? Pourquoi me moquer ?

... Il a bien fallu que je me pose cette question, existentielle s’il en est.

 

Je crois que tout simplement réduire l’hypersensibilité à ces exemples me choque quelque peu. Le réveil d’une blessure. C’est comme une non-reconnaissance de mon vécu quotidien. Cela peut être pris avec le sourire. Bien entendu et c’est comme cela que j’essaye de l’aborder. Mais les citations sont tellement nombreuses et les faits tellement éloignés de la réalité que la caricature en devient un peu douloureuse.

La souffrance n’est pas reconnue. La simplification à outrance renforce la solitude.

Ma solitude.

Mon analogie personnelle

J’ai toujours été fort interpellé par « Le cri » de Munch. J’y ai toujours reconnu une part de moi-même.

Certes, exagérée.

Pourtant réelle.

 

« Le cri », qui en réalité a été peint en cinq exemplaires, si mes souvenirs sont bons, est une toute petites représentations. Pour moi, elle exprime le désarroi d’un sujet aux prises avec tellement de sensations qu’il ne sait plus où se mettre, comment se poser. C’est mon ressenti devant l’œuvre.

Je m'identifie au personnage principal (oui, oui, il y en a d’autres...) quand j'ai trop de stimuli, quand plusieurs personnes me sollicitent en même temps, quand les pensées et et les sensations me noient. Quand je me sens assailli, débordé.

Derrière lui (derrière moi?), le ciel rougeoyant va à la rencontre de la mer qui parait loin d’être calme.

Qu’est-ce qui est devant le personnage ? Que voit-il qui le mette dans cet état ? Qu’entend-t-il qu’il doive se cacher les oreilles ?

 

Vous aussi vous reconnaissez ces mêmes perceptions, ces mêmes sensations…

On se comprend 😉.

Écrire commentaire

Commentaires: 0